8.10.04

LA NOSTALGIE LIBERALE
Un petit PPS qui m'a été transféré par un ami me fait bien rigoler. On y raconte tout ce qui faisait notre envirronement à nous, nés entre 1950 et 1975. Peinture au plomb, amiante dans les murs, pas de ceinture de sécurité pas de casques en vélo, on se battait on avait des bleus mais ça nous forgeait le caractère, "certains écoliers n'étaient pas aussi futés que les autres, parfois ils... devaient redoubler. Les classes et les examens n'étaient pas encore ajustées pour compenser ces différences, quelles qu'en soit la raison"
Et la conclusion: "mais cette génération a produit les meilleurs preneurs de risques, solutionneurs et inventeurs" , oui, ca a fait de nous des putains de winners et des gens qui avons eu le bonheur de vivre dans un monde libre, "avant que les avocats et les gouvernements ne réglementent notre vie, pour notre bien."
Car voila bien ce qui m'oppose au fond à tous ces petits trous du cul qui s'appellent parfois libertariens (acrostiche de "la liberté ça sert à rien") c'est que pour moi, la société ne saurait être celle du renard libre dans un poulailler libre. Que si la société ne sert pas à éviter que les plus faibles ou les plus cons se fassent bouffer tout crus par les gros et les malins, elle ne sert à rien.

Quand j'étais à l'armée, nous avons "touché", comme on dit, un cas social qui avait eu 4/20 aux trois jours et en s'appliquant encore. Il était tellement mauvais que des officiers ont proposé, au bout d'une semaine, de le transferrer aux Services Généraux, là ou règnait la loi du plus fort (et des plus cons). Nous savions ce que signifiait cette décision pour notre camarade : des heures à chercher la boite à impact ou 25 mètres de ligne de mire, vexations, brimades, insultes et coups pour 10 mois de service national. Nous avons préféré le garder. Certes, il buvait de l'antigel en pensant que c'était du sirop de menthe et photocopiait le verso vierge des feuilles imprimées (nous expliquant qu'il n'y avait plus d'encre dans la photocopieuse en voyant des feuilles blanches en sortir), mais il s'en est bien tiré et nous lui avons même appris à se servir d'un traitement de texte et avons obtenu qu'il puisse passer son permis de conduire. Je me suis souvent demandé ce qui s'était passé dans notre tête le jour ou nous tous, appelés, avons décidé coûte que coûte de le garder avec nous. Au jourd'hui, je le sais : nous nous sommes comportés en hommes.


Et les winners? Ceux que je connais se sont fait réformer. La peur de finir dans la fosse aux lions, sans doute, dans un milieu où leur suffisance n'aurait été d'aucun secours.

0 commentaires: